La démarche biomimétique

Créer, innover en se posant sans cesse les questions : que ferait la nature dans ce cas ? Que ne ferait-elle pas ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

    On a souvent coutume de résumer la démarche biomimétique à ces simples questions ; et il est vrai qu'elle ne saurait prétendre à une définition plus complexe... Élémentaire, donc, est son principe. Son application mobilise en revanche tout le génie de nos chercheurs, et est souvent un véritable défi technique.

    Nous commencerons par présenter cette fameuse démarche biomimétique, en un petit cours théorique pour ne pas vous perdre trop rapidement. Elle se décompose ainsi en trois étapes:

        - l'identification : repérage d'un matériau du vivant présentant une propriété intéressante, et cela pour des domaines aussi divers que nombreux (posez-vous ici les questions ci-avant présentées, pour l'aérodynamique par exemple...)

        - la compréhension : sur la base de la connaissance de la structure du matériau, saisir comment la propriété en question s'exprime.

        - le contretypage : en utilisant des moyens qui sont en général différents des moyens naturels, application de la découverte pour un développement industriel.


    Vous voyez ainsi un peu mieux ce qu'est le biomimétisme, science en définitive pas si barbare, mais oh combien naturelle (et dans l'air du temps...). Loin de se saisir d'un procédé de la nature et de l'utiliser, son objectif est de remodeler ce procédé de manière à l'adapter au design humain. Il faut donc bien veiller à ne pas copier systématiquement la nature. L'aéroplane chauve-souris de Clément Ader n'a ainsi pas fait long vol.

« Encore aujourd'hui, l'une des choses qui me tracassent le plus, c'est la pseudo-biomimétique. Je ne serais pas surpris qu'un jour, quelqu'un prenne un concombre comme modèle pour des wagons de chemin de fer. Se contenter de copier, c'est oublier le véritable intérêt de la biomimétique. Une solution biomimétique doit démontrer que l'évolution a apporté un plus qualitatif, qu'il s'agisse de friction, de poids ou d'énergie, et que l'ingénieur a travaillé afin d'adapter et d'améliorer cette caractéristique. » Parole "d'évangile" (acceptons l'image du concombre) de l'un des papes de la discipline, Ingo Rechenberg.

    Cette science, il faut en effet le préciser, reste un domaine très pointu, essentiellement discuté entre chercheurs et ingénieurs. Nous tentons humblement de la vulgariser.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×